#Perspectives 3 : Santé mentale vs études supérieures

Partie 3/7 : Culte et Pression de l’Excellence à Suivre …


J’ai l’impression d’être dans une parade militaire, où on ne peut pas s’arrêter de marcher. Marche ou crève. 

Romy

Eva :

Je me met beaucoup de pression car j’ai peur de ne pas réussir.

Kirghiz :

It breaks me into pieces, that’s so sad how a bad grade/comment can make every little step achieved disappear and so frightening how easy you can let it determine your value and worth, when good ones have in comparison so little impact, if not zero.


Nadia :

Je doute en permanence de mes capacités de réussite, ce qui n’avait jamais été le cas auparavant (cursus avant CPES). Au début, une mauvaise note était pour moi une motivation pour travailler davantage et obtenir mieux. Mais très vite, aucun effort ne semble porter ses fruits, alors je me limite intérieurement et je me contente de la stricte moyenne.


Romy :

En distanciel on ne se rend pas vraiment compte de la difficulté des autres et on a l’impression d’être le ou la seul.e à galérer et à ne pas suivre. Ça a un fort impact sur l’estime de soi. Je ne me laisse pas toujours abattre par une mauvaise note, mais il est vrai que cela est difficile en droit lorsqu’on fournit un maximum d’effort pour un DS et qu’il n’est pas du tout reconnu par les professeurs.

Eva :

J’ai très peur de ne pas réussir. Je n’ai aucune confiance en moi. Certain.e.s professeu.e.rs au CPES sont très dur.e.s et ont joué un rôle très important dans ma perte de confiance en moi.

Paul :

La charge de travail n’est jamais étalée, je ne suis pas un robot, je n’ai pas la capacité à supporter cela. J’ai toujours accepté les mauvaises notes, il n’y a pas de problème. Mais j’ai déjà eu des commentaires assez pervers sur certaines des copies, cela m’avait beaucoup atteint. Le prof était-il là quand j’ai déclenché une crise d’angoisse en pleine période de partiel à cause de ce commentaire? Pendant le confinement je suis rentré en détresse psychologique suite à un rendu de copie.

Pression & Dépression

Nadia :

À chaque semaine suffit sa peine. C’est comme des vagues de pression et certaines semaines sont plus rudes que d’autres. Elle vient surtout des travaux à faire simultanément pour différentes matières et des délais qui s’y accompagnent. Il y a toujours quelque chose à rédiger, à rendre, à présenter. Je parviens à gérer tout ça en me surpassant, avec beaucoup plus d’efforts que ce dont je me sens capable de fournir. J’en ressors épuisée et affamée mais au moins, tout aura été envoyé à temps. 

Paul :

J’accepte la pression, c’est comme les mauvaises notes, cela peut aider à progresser. Ce qui est problématique c’est la charge de travail. On nous en a demandé plus que ce qu’il était humain de faire. Cela élimine les plus fragiles psychologiquement ou du moins les fragilise encore plus (…) (et oui je suis encore là et j’en reste fier).


Lors de ma dépression, et quand j’étais au CPES, j’avais des pensées suicidaires quotidiennement et j’ai prévu plusieurs fois de passer à l’acte.

Eva

Kirghiz :

I do, they’re recurring, and got worse when I started studying. But I’m getting help and I’m well surrounded.

Paul :

Oui, elles sont intervenues cet été. Je suis suivi sur ce plan, tout ne va pas mieux mais je ne suis pas inquiet par rapport à cela.

Arya :

Oui, (…) je craque tellement j’ai l’impression d’avoir porté un poids trop lourd sur mes épaules. (…) Ces pensées arrivent en me disant « je n’ai même pas réussi à être une bonne personne, à quoi ça sert de continuer je ne sers à rien et n’y arriverai pas, je me déteste ». Cependant, je sais que je ne le ferai jamais.

Lâcher prise


Arya :

Je pense que le CPES est assez envahissant parce qu’on attend de nous un niveau qui nous fatigue, aussi mentalement que physiquement. Je m’octroie des moments de répis, mais mon cerveau n’est jamais au repos.


Eva :

Le CPES est extrêmement envahissant. Il y a toujours tellement de choses à faire et puis généralement on est entre gens du CPES donc le sujet revient très souvent aux cours.

Nadia :

J’accorde beaucoup d’importance aux moments d’oisiveté et de repos, même s’ils sont relativement rares. Le CPES est très envahissant.

Paul :

Je garde une vie très active, c’est pour cela qu’on a été recruté.e.s non? Car on avait des profils qui n’étaient pas seulement scolaires non? Donc hors du confinement, je sors beaucoup, je fais beaucoup de sport, et je dois évidemment continuer les cours. En plus de cela j’ai un travail rémunéré de 4 heures par semaine. Je n’abandonnerai jamais le CPES car cela serait vécu comme un échec de vie, je m’y accroche et j’y tiens, ce qui est dur et peut être envahissant. Je m’amuse à dire que j’ai une vie de cocaïnomane quand je regarde la situation objectivement.

Romy :

J’arrive à avoir des soirées tranquilles, même si la pression nous suit un peu tout le temps (cours et contrôles le week-end).

Kirghiz :

As I’m no longer able to focus during team classes and have started to slowly stop taking notes and listening (basically two inches to school dropout), you could say that I actually can let go. But considering the fact that I lost my ability to really concentrate for everything and my taste of enjoying a lot of things I did before, probably not.

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